Je lance le javelot pour l'US Arnage, près du Mans, et je m'entraîne au Pôle Espoir de Strasbourg depuis septembre 2026. Le 17 juillet 2026, au stade Charléty, je suis devenu vice-champion de France U18, à onze centimètres du titre.
Photo : Maxime Delobel
17 juillet 2026, stade Charléty
Finale des championnats de France U18
Le cinquième essai, 58,61 m. Images : Athlé TV et famille.
Au cinquième essai de la finale, je lance à 58,61 m et je passe en tête. Pendant environ deux minutes, je mène le concours.
Pour comprendre ces deux minutes, il faut revenir au forum des associations d'Arnage, en 2015.
01
De 5 à 15 ans
Arnage,mon club de cœur
2015
Le forum d'Arnage
Avant même de mettre un pied sur une piste, je courais déjà partout. Courir, sauter, lancer. Surtout lancer.
Chaque pierre trouvée devenait un projectile, chaque espace un terrain de jeu. L'athlétisme n'était pas encore un sport, c'était déjà une évidence.
À la maison, mon père me parlait souvent du club local, l'US Arnage. Il fallait simplement attendre l'âge requis.
Avant le club.
Officiellement, l'athlétisme en catégorie éveil commence plus tard, vers 7 ou 8 ans. Mais à 5 ans, lors du forum des associations d'Arnage, mon enthousiasme ne passe pas inaperçu.
Guy Plu, alors responsable des plus jeunes catégories, voit tout de suite l'envie brute, l'énergie débordante, le regard déjà tourné vers l'action.
Il connaît la famille de longue date : mon arrière-grand-père, Roger Collas, l'avait entraîné. Alors il fait un choix simple : ouvrir la porte.
C'est ainsi que tout commence.
2015 à 2023, de l'éveil aux benjamins
Les premières années
Pendant ces années d'éveil, de poussins puis de benjamins, je touche à tout. J'apprends à varier, à m'adapter, à jouer. Je suis encadré par Guy Plu, Laurence, Romain et Mathieu. Avec eux : le plaisir avant tout, le cadre, le respect, l'envie de progresser.
C'est aussi l'époque où je découvre la camaraderie et la force du collectif. À cet âge, l'important n'est pas de gagner à tout prix : c'est de prendre du plaisir, de partager, d'apprendre ensemble. Même si j'avais déjà cette envie de me mesurer aux autres.
Et puis il y a ces moments magiques : assister aux championnats de France en spectateur, découvrir l'atmosphère des grands stades, demander des autographes aux athlètes. Je m'y vois déjà. Ces instants nourrissent le rêve et donnent envie d'y être un jour.
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De l'éveil aux benjamins : à l'entraînement, en compétition, en tribune, et avec Christophe Lemaitre.
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De l'éveil aux benjamins : à l'entraînement, en compétition, en tribune, et avec Christophe Lemaitre.
Ses lancers allaient parfois jusqu'au mur de la salle. Déjà.
Les lancers de vortex, en éveil athlé.
Chaque hiver
L'école du cross
Le cross devient une école. Une école du mental, de la confrontation, du dépassement.
Le cross n'est pas ma discipline de prédilection. Pourtant, chaque hiver, je suis là. Le sourire aux lèvres.
Le froid, la boue, l'effort long et difficile ne m'éloignent pas. Au contraire. Concourir n'est pas une contrainte : c'est déjà une passion.
Se mesurer aux autres, se retrouver sur une ligne de départ, donner tout ce qu'on a. Ce goût de la compétition ne me quittera jamais.
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Les cross d'hiver, dans la boue et sous la pluie.
2021 à 2023, en benjamins
Les copains
L'athlétisme est un sport individuel par nature. Sur la piste, dans l'aire de lancer, chacun est seul face à sa performance. Pourtant, personne ne gagne vraiment seul.
Les week-ends de compétition en Sarthe prennent une saveur particulière grâce aux amitiés qui se construisent piste après piste, épreuve après épreuve. On ne court pas tous la même distance, mais on va dans la même direction. Le collectif ne gomme pas les individualités : il les révèle.
Gaspard Moriceau, Emerik Piette, Étienne Plus, Pierre Dequirez. On se suit depuis plusieurs années. Des prénoms qui riment avec rivalité saine, encouragements mutuels, défis partagés. Sans eux, mon sport n'aurait pas la même saveur.
Et au-delà de la Sarthe, au niveau régional aussi, des liens se tissent. Enzo Clavery, Otis Torregrosa, Clément Alain, Gerlain Ulliste… et bien d'autres encore. Des athlètes qu'on croise régulièrement en compétition, avec qui les rivalités sportives deviennent des amitiés durables.
Les interclubs, les interligues, la Coupe des Ligues, les pré-France, sans parler des championnats de France : ce sont quatre ou cinq régions qui se retrouvent (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Île-de-France). Des visages qu'on reconnaît d'une compétition à l'autre. L'athlétisme, c'est une grande famille.
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Avec les copains, en Sarthe puis dans la région, sur la piste et sur les podiums.
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Avec les copains, en Sarthe puis dans la région, sur la piste et sur les podiums.
Un sport individuel, une dynamique collective. C'est ça, l'athlétisme.
2023 à 2025, en minimes
Seul au club
Et soudain, je me retrouve seul au club en minimes.
La fin de la période benjamins marque un tournant. Beaucoup de jeunes s'arrêtent. Je suis le seul benjamin à vouloir continuer. Quant aux minimes déjà en place avec Noël Patinec, leur entraîneur, ils arrêtent également. Double départ.
Seul à m'entraîner, seul à représenter Arnage dans ma catégorie. Le groupe, qui jusque-là portait, motivait, rassurait, n'est plus là. Je me renferme un peu. Cette période est exigeante, parfois pesante.
Avec Noël
Le stade d'Arnage au coucher du soleil. Avec Noël.
Mais Noël est toujours là. Patient, présent, à l'écoute. Ce qui pourrait être une épreuve devient une opportunité rare : un coaching personnalisé, un accompagnement sur mesure. Presque un luxe.
Ce qui m'aide aussi à tenir, ce sont les rassemblements, les compétitions, les moments où je retrouve d'autres jeunes de mon âge. Là où l'athlétisme redevient collectif, vivant, partagé.
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Haies, longueur, et de nuit avec Noël.
Être le seul minime d'Arnage devient à la fois un défi et une fierté. Et avec Noël, une chance de progresser.
Juin 2024
En juin 2024, en première année minime, je dispute les championnats de France UGSEL, le sport scolaire de l'enseignement privé, à Strasbourg : huitième, avec 36,55 m. Deux ans plus tard, j'y reviendrai.
Championnats de France UGSEL, Strasbourg, juin 2024.
Mai 2025
La polyvalence
C'est aussi en minimes que ma polyvalence s'affirme pleinement. Au-delà du javelot, j'aime l'ensemble des disciplines de l'athlétisme. Tester, apprendre, progresser partout : la polyvalence devient mon fil conducteur.
En mai 2025, je deviens champion régional d'octathlon : huit épreuves en deux jours.
Les huit épreuves de l'octathlon, mai 2025.
Tout tester, et bien faire : c'est ce qui me plaît.
Juin et juillet 2025
Deux titres nationaux, la même saison
La période minimes ne se termine pas seulement par des souvenirs ou des apprentissages. Elle se clôt aussi par des résultats.
En juin 2025, à Lens, je deviens champion de France UGSEL. Quelques semaines plus tard, le 14 juillet, toujours à Lens, je remporte le javelot de la Coupe de France des Ligues minimes avec l'équipe des Pays de la Loire.
Deux titres nationaux, la même saison. Pas vraiment une surprise, plutôt le résultat de plusieurs années d'entraînement, de polyvalence et d'envie de bien faire.
Coupe de France des Ligues minimes, Lens, 14 juillet 2025.
Champion de France UGSEL, Lens, juin 2025.
Le lancer du titre UGSEL, à Lens, en juin 2025.
Ce que ces années ont forgé
Les fondations
Ces années-là forgent quelque chose de profond. Elles montrent que la passion ne suffit pas toujours, mais qu'elle permet de traverser les périodes de doute.
Elles posent les bases de l'athlète que je deviendrai : polyvalent, attaché à mon club, animé par la compétition et tourné vers les autres.
La suite s'écrira plus loin. Mais tout commence ici.
02
Printemps 2025 à février 2026
Poitiers,le choix du javelot
Mon meilleur souvenir de Poitiers : les amis que je me suis faits là-bas et tout l'entourage que j'ai créé. Je considère mon année à Poitiers comme l'une des meilleures que j'aie vécues.
Printemps 2025
La suite se prépare
Au printemps 2025, la suite se prépare déjà. Les dossiers scolaires sont montés. Le projet est clair sur le papier : partir à Poitiers, intégrer une structure sport-études, se spécialiser en javelot.
Pourtant, dans la tête, tout n'est pas encore aligné. Je suis encore dans le déni. Je pense pouvoir continuer à tout mener de front. Les combinées, le javelot, la polyvalence. Je veux croire que tout peut coexister.
La réalité, elle, finit toujours par rattraper.
Septembre 2025
L'arrivée à Poitiers
À la rentrée 2025, j'entre en internat au Pôle Espoir de Poitiers, la structure où la fédération prépare les jeunes au haut niveau. J'ai 15 ans. Ce n'est pas une rupture familiale, mais c'est un pas important. Quitter la maison la semaine, retrouver mes parents et ma petite sœur le week-end, repartir le lundi matin.
Au pôle, je m'entraîne avec Luc Duquerroy, entraîneur fédéral de javelot.
Les journées sont rythmées par les cours le matin et l'entraînement l'après-midi. Le vendredi soir, retour à Arnage, où je m'entraîne avec Noël pour une séance de plus : plus polyvalente, plus libre, presque comme un lien avec ce que j'ai toujours été.
Timothy a vraiment voulu garder ce lien avec Noël. C'est lui qui demandait à y aller.
À Poitiers, l'environnement impressionne. Des sportifs venus d'horizons très différents : natation, boxe, basket, athlétisme. Des jeunes déjà très haut dans les classements. La concurrence est dense, l'exigence constante.
Ici, le sport ne peut fonctionner que si les études suivent. C'est un double projet, indissociable. Le sport seul ne suffit pas.
Le stade Paul-Rébeilleau, à Poitiers.
Novembre 2025
Le choix
On ne peut pas être bon partout. Les épreuves combinées demandent une énergie immense. À vouloir tout mener de front, on risque de se perdre. À ce niveau-là, il faut choisir.
Cette discussion a lieu en novembre 2025, au détour d'un entraînement. Je sors de l'heptathlon en salle de Nantes : sept épreuves, deux jours d'effort intense, une ambiance que j'adore. Je me suis même légèrement blessé au genou, sur l'élan de la hauteur. Comme un signal supplémentaire : le corps aussi a ses limites.
Le 60 m haies de l'heptathlon de Nantes : 9,12 s.
Autour de ce choix, les discussions sont nombreuses : avec Luc, bien sûr, mais aussi avec mes parents.
Présents depuis le premier jour, nous avons accompagné chaque étape, chaque progression, chaque doute. Nous savons mieux que personne à quel point le sport, et l'athlétisme dans toute sa richesse, est un puissant carburant pour lui. Pour nous aussi, ce renoncement est une frustration. Parfois même un déni partagé : comment accepter qu'il mette de côté une discipline qui l'a tant construit, tant épanoui ? Mais accompagner, c'est aussi accepter la réalité, même lorsqu'elle bouscule.
Ce choix est difficile. Très difficile. Il y a de la frustration. De la tristesse. Une forme de nostalgie immédiate. Les épreuves combinées, c'est la cohésion, les week-ends entiers, l'intensité, les luttes successives. C'est un terrain où je me sens vivant, compétiteur, pleinement engagé.
Les haies et la longueur, deux épreuves des combinées.
Mais c'est un renoncement nécessaire. Renoncer aux combinées ne veut pas dire renoncer à ce qui me construit. La polyvalence reste là. Les haies, la longueur, la hauteur, le sprint continueront de faire partie de mon quotidien. Non plus comme une fin en soi, mais comme des fondations au service du javelot. Pour progresser, pour me renforcer, pour garder le plaisir intact. Il ne s'agit pas de m'enfermer, mais de canaliser mon énergie.
Le choix est fait.
Désormais, je laisse les épreuves combinées derrière moi pour me consacrer pleinement au javelot. Avec l'espoir assumé de viser haut : une sélection en équipe de France, des stages avec les meilleurs, peut-être l'international. Pas comme une promesse, mais comme un objectif de travail, exigeant, sans certitude, où tout reste à construire.
Pas facile, mais assumé. Le plaisir reste le moteur. La lucidité, le garde-fou. Le travail, la clé.
La suite ne sera pas simple. Mais elle est désormais choisie.
Décembre 2025
Un stage à Colmar
Le 6 décembre, mon premier concours avec le javelot de 700 grammes, celui des cadets, aux départementaux de Coulaines : 50,70 m. Du 27 au 29 décembre, un stage de lancers à Colmar avec Jacques Danail, conseiller technique national et référent national du javelot ; le 30, victoire au meeting de lancers sur le même stade : 49,45 m.
Stage de lancers longs à Colmar, décembre 2025.
Hiver 2025-2026
Le travail
À Poitiers, je découvre une vraie organisation d'entraînement et de récupération, beaucoup plus poussée. La muscu, sérieusement. L'analyse technique de mes lancers. Et le mental.
La muscu, au début, je n'aimais pas ça. Puis j'ai vraiment commencé à kiffer. Sauf le développé couché.
J'accompagne beaucoup mieux mon bassin. Mon défaut principal, l'anticipation du bras, est largement moins présent qu'avant. Ce qui m'a le plus aidé ? Peut-être le mental. Luc me répétait : « Allez, allez, donne-toi à fond. »
Un coach proche, investi, passionné. Il a vraiment du tact avec les jeunes.
J'étais très régulier, entre 49 et 52 mètres, mais il me manquait encore le gros jet.
Ce que Poitiers a changé chez mon adolescent, c'est clairement son organisation personnelle, la vie en communauté, et un peu de maturité. Quand il a commencé la muscu, ça s'est vu très rapidement.
En musculation, février 2026.
Par tous les temps : sous la pluie, sur une piste gelée.
22 février 2026
Nice
Je termine cinquième des championnats de France hivernaux de lancers longs, à Nice, avec 52,34 m. Beaucoup d'expérience : une étape importante.
C'est à Nice que mes parents rencontrent Jacques.
Le troisième essai : 52,34 m, record personnel.
Photo : Francknatsport
03
Printemps à juillet 2026
Le relais
Photo : Francknatsport
Printemps 2026
Alicante
En stage à Alicante avec le groupe de Strasbourg (Théo, Valentin, Louis et Adrien), la différence avec Poitiers, c'est que je n'étais plus seul. J'avais des gens avec qui m'entraîner et que je côtoyais tous les jours. Ça change l'ambiance et la manière de vivre l'entraînement.
Mi-mai 2026
Luc s'en va
Ma mère m'annonce que Luc s'en va : il part construire une autre vie. Sur le moment, j'étais vraiment choqué, sans voix. Il a fallu que je m'adapte.
On a su que Luc partait au mois de mai, à deux jours de finaliser les dossiers pour la rentrée au pôle de Poitiers. On était un peu mis devant le fait accompli : plus d'entraîneur à Poitiers. Soit tout arrêter et revenir en Sarthe, soit partir.
J'ai hésité, parce qu'avant tout, il y a la famille. Mais le sport, c'est mon coup de cœur. Et à Strasbourg, j'avais déjà des amis : Louis, Théo et Valentin.
Timothy, son choix a été rapide et clair : il voulait continuer le javelot, donc il était prêt à partir. C'était sa décision qui primerait.
Le lien entre Luc et Jacques existait déjà : ils se connaissent depuis de nombreuses années. Un vrai relais s'est créé naturellement pour Timothy.
29 mai 2026
Au meeting de Fontainebleau : 54,23 m.
Fontainebleau, le sixième essai : 54,23 m.
C'est clairement Jacques qui lui a permis d'aller à Fontainebleau. En fait, il préparait déjà son arrivée à Strasbourg.
2 juin 2026
Une parenthèse dans la saison : je remporte le javelot des championnats de France UNSS lycées, le sport scolaire, à Angoulême, avec 52,07 m. J'en retire de l'expérience et un vrai renforcement mental.
Début juillet 2026
Admis à Strasbourg
Début juillet, la réponse tombe : je suis admis au Pôle Espoir de Strasbourg.
C'était un peu l'angoisse et l'attente. Même si on savait que Jacques soutenait le projet de Timothy, on avait quand même cette incertitude.
Le 5 juillet, à Laval : 53,67 m. Les deux dernières semaines avant Charléty : toujours deux séances de lancer par semaine, de la technique, de la muscu, beaucoup de récupération, une intensité élevée. L'objectif : arriver à Charléty avec une bonne énergie entre nous, et être performants le jour J.
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17 juillet 2026
Onze centimètres
Championnats de France U18, au stade Charléty, à Paris. Les U18, ce sont les cadets : ceux qui ont 16 ou 17 ans dans l'année.
16 et 17 juillet 2026
La finale
C'est ma dernière compétition avec Luc. Je le sais, et j'ai un petit enjeu pour lui : on a travaillé ensemble pendant un an, et en un an, on peut faire beaucoup de choses.
Avec Luc, à l'échauffement, puis pendant le concours.
Avec Luc, à l'échauffement, puis pendant le concours.
La veille, pas au mieux physiquement, je passe les qualifications avec 51,42 m.
Le matin de la finale, dans un escalator du métro, mon sac se coince : mes javelots se brisent, dont mon Valhalla, un javelot en carbone. Sur le coup, j'étais très stressé. Mais finalement, ça m'a presque libéré. Il a fallu s'adapter.
Peu après, Alexandre Peillod répond : 58,72 m. Onze centimètres de plus que moi.
La finale, essai par essai
Les onze centimètres, au zoom
Mes six essais, ma place après chacun et la marque du vainqueur. Source : FFA.
Au dernier essai, il voulait encore le battre. Mais dans l'euphorie, on perd ses repères, ses marques.
Je suis dégoûté. Vraiment dégoûté : le titre était tout proche. Malgré ça, je reste satisfait. Faire 58,61 m et devenir vice-champion de France, c'est une énorme étape pour moi.
La finale, c'était exceptionnel. Un énorme jet, et un moment que je n'oublierai jamais.
Le podium, le stade, l'ambiance : c'était génial. C'est quelque chose que j'ai envie de revivre encore et encore. Avec Luc, on était fiers : on n'arrivait pas vraiment à croire à ce qu'on venait de faire.
Vice-champion de France U18, le 17 juillet 2026, et la médaille d'argent.
18 juillet 2026
Le lendemain de la finale, j'annonce publiquement mon départ pour Strasbourg.
Fin août 2026
Retour aux sources
Avant de partir pour Strasbourg, je retourne à Arnage montrer ma médaille d'argent à Noël. Le temps d'une photo, et d'un entraînement sur mon stade.
Je porte toujours le maillot de mon club, et je le porterai toujours. Quand je rentre dans la Sarthe, c'est sur ce stade que je reviens m'entraîner.
Avec Noël, à Arnage, fin août 2026.
Noël fera toujours partie de l'aventure.
Juin 2024 Deux ans plus tôt, déjà à Strasbourg
05
Depuis septembre 2026
Strasbourg,une nouvelle vie
Juin 2024 Deux ans plus tôt, déjà à Strasbourg
Le plus dur, c'est l'adaptation : une nouvelle organisation, une nouvelle vie. La première semaine a été difficile, puis c'est devenu plus facile.
31 août 2026
Le départ
Le 31 août, mes parents me conduisent à Strasbourg, à 700 kilomètres de la maison.
Le jour du départ, 31 août 2026, à Strasbourg.
1er septembre 2026
Le premier jour
Premier jour au pôle : quelques lancers courts pour m'adapter, beaucoup d'explications et de nouvelles choses à découvrir. Une très belle journée.
On sent qu'on est à un autre niveau. Il a accès à beaucoup plus de moyens, que ce soit l'encadrement, l'environnement, le matériel ou l'espace, en intérieur comme en extérieur.
L'entrée du CREPS, fin août 2026.
Les premiers mots de Jacques ? Il voulait savoir si tout allait bien, si ça me plaisait, si j'étais dans de bonnes conditions. J'ai répondu oui à tout.
Jacques est vraiment très bien comme coach.
Septembre 2026
Le groupe de Jacques
Au pôle, je m'entraîne dans le groupe de Jacques.
Théo, Louis et Valentin sont mes meilleurs amis, presque de la famille : je les considère comme mes grands frères. Dans le groupe, il y a aussi Rémi Conroy, champion de France en 2023.
Il a la chance d'avoir un bon groupe, dynamique, de gamins passionnés, qu'il aime beaucoup. Je pense que ça l'anime et que ça lui donne envie de les voir évoluer.
Septembre 2026
Ce qui ne se voit pas
Ici, c'est une dizaine d'entraînements par semaine, avec les cours et le sport imbriqués chaque jour.
Être autonome, c'est savoir gérer son temps et avoir de bons plannings : les cours, les entraînements, les devoirs, la récupération, le sommeil. C'est prendre des décisions seul, ne pas toujours attendre que quelqu'un nous dise quoi faire. Quand on est loin de sa famille, il faut apprendre à se gérer soi-même.
Ce qu'on ne voit pas, c'est tout ce que les athlètes font derrière les performances. Comme me dit souvent ma mère : “L'argent ne vient pas du ciel.” Pour moi, au javelot, c'est pareil : si tu ne fais pas les efforts, les résultats ne vont pas tomber du ciel non plus.
À l'entraînement au CREPS de Strasbourg : lancer en salle et musculation.
27 septembre 2026
Premier concours, première victoire
Premier concours depuis mon arrivée : je remporte le javelot du meeting de Strasbourg avec 57,28 m.
Ça confirme sa performance aux championnats de France. Ça confirme, et ça le rassure.
Ce qui me rassure énormément, c'est qu'il a su s'intégrer, qu'il a son petit groupe. Je sens mon fils à sa place. Il est là où il doit être.
57,28 m au meeting de Strasbourg, le 27 septembre 2026.
Pour 2027
Ce que je vise
Mes modèles : Jan Železný, Kevin Mayer et Armand Duplantis.
À la rentrée 2026, je me suis fixé quatre objectifs pour 2027 : lancer au-delà de 65 mètres, idéalement 70 ; le Festival olympique de la jeunesse européenne, à Lignano, en Italie ; deux titres de champion de France ; le record de France cadet.
Des objectifs ambitieux, mais c'est justement ce qui me motive.
Vas-y, fonce, et ne te donne aucune limite.
Timothy, à l'automne 2026, au petit garçon qu'il était au forum
À 5 ans, au forum des associations d'Arnage, en 2015.